Dans notre beau pays, propre, discipliné et sûr, où tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire…. L’impensable s’est produit ! Plus de deux-cent gamins pris au piège des flammes pendant qu’ils fêtaient le nouvel an dans un bar en station »chic ».
« Bonne année »…. tu parles ! Une sacré claque pour nous tous et le chagrin à vie pour leurs familles ! Morts, blessés ou rescapés +- indemnes, leur vie a basculé dans l’horreur et la nôtre dans l’incompréhension. Mais ce drame affreux semble ouvrir une boîte de Pandore….
Felix Vallotton , marine
Un vieux souvenir…
C’était il y a bien longtemps, au tout début des années septante, j’avais une quinzaine d’années. Je revois comme si c’était hier la couverture de « Paris Match », l’exemplaire hebdomadaire de mes parents. Une lignée de cercueils, beaucoup vraiment, et au premier plan, une jeune fille effondrée sur l’un d’eux, ses bras cherchant à enlacer le bois, les mains posées à plat…. et je me souviens de ses gants en laine. St-Laurent- du- Pont, je ne sais même pas où c’est précisément, mais je n’ai jamais oublié ce nom, ni l’image de la souffrance de cette fille d’à peu près mon âge, l’âge de l’insouciance…. Tous ces mômes, alors déjà partis trop tôt, le même genre de piège, le même manque d’issues, de sécurité…. Tant d’années plus tard, tant d’autres accidents du même genre plus tard, et pourtant, c’est arrivé de nouveau, pourquoi ?

Après la sidération
Il faut saluer les secours et la solidarité des premiers moments et ensuite les hommages et les discours…. sobres, qui ont permis de mettre des mots sur les maux si profonds.
Un peu plus d’un mois plus tard, hélas, nous sommes en plein marasme et à plusieurs niveaux :
- émotionnel, et c’est normal. Différents sentiments se heurtent en nous,tristesse, colère, révolte, culpabilité, des questions, aussi. Noyés d’informations, plus ou moins fiables, rien n’est vraiment établi… et la cacophonie s’installe….
- Au plan civil, guère mieux : les propriétaires et gérants, les assurances, les élus locaux, les chargés de sécurité…. tout le monde se refile la faute ! Les aides financières tardent. J’attribue tout de même une mention « spéciale » aux propriétaires qui essaient de se disculper en accablant leurs employés, morts et blessés, un indice de leur moralité ?
- Au plan juridique, que dire ? ça ressemble à n’importe quoi… Pas besoin d’être un grand spécialiste pour voir que ça patauge dangereusement et que des manquements importants se sont produits. Copinage ? ProtectionS ? Manque d’expérience ? Laxisme ? Incompétence ?
- Sur le plan politique, comme souvent, la langue de bois prévaut maintenant qu’il faut démêler l’écheveau des responsabilités – culpabilités ! Se mouiller au risque de voir sa « réputation » se ternir…. impensable.
- la presse et les médias ?
Information ou sensationnel ?
Toute la presse nationale et internationale a fustigé les manquements du début de la procédure, à juste titre. Mais le manque de retenue de certains agace plus qu’il ne renseigne. En Italie, les médias virent parfois au « spectacle », une crise est même pendante entre la Suisse et l’Italie, en partie à cause de cette instrumentalisation, y compris politique.
Informer oui, juger, condamner ou exposer des gens à l’opprobre populaire avant la moindre enquête…. Nous ne sommes plus au moyen âge !
Pour ajouter de la peine à la peine, il y a des erreurs déplorables, certes et aussi…. leur utilisation pour faire le buzz ! Et alors là, franchement, que ne lit-on pas pour faire dégouliner les émotions ? Aucune retenue chez certains.
Je le déplore. Est-ce évitable ? Sans doute difficilement au vu de l’ampleur de cette tragédie.
Difficile aussi de justifier les décisions ou non décisions des magistrats valaisans. L’entre-soi n’est pas de mise dans ce type d’affaire et suite aux premiers couacs, accepter un spécialiste extérieur, et sans liens directs avec les protagonistes locaux, me semble une évidence. Hélas ils ont perdu beaucoup de crédibilité en refusant cette possibilité.
Apaisement et soutien
Pour permettre aux personnes touchées directement, comme à tous ceux que ce drame a bouleversé, de reprendre pied, il est primordial d’assurer une communication claire, fiable et officielle. Et cela, seules les autorités fédérales pourraient le garantir de manière compatible avec le cadre légal, la protection des données personnelles et les usages diplomatiques. À situation particulière, solutions adaptées. Il semble qu’ils aient mis sur pied une cellule de crise (sans le dire…) alors ils pourraient décider de nommer des coordinateurs chargés de centraliser les informations et de les rendre publiques selon l’évolution de la situation. Avec un point hebdomadaire par exemple. Oui , je sais, notre fédéralisme….. En cas d’intérêt « supérieur », la confédération peut prendre la main, elle l’a déjà fait par exemple lors de la crise sanitaire, ce n’est certes pas comparable, mais en l’occurrence, le bien publique et le respect dû aux victimes et leur entourage le demande. Un peu de courage !

Ferdinand Hodler



hello Catherine, ce drame est horrible … tant de victimes, de souffrance, de tristesse qui auraient pu être évités … Comme toi, je suis frappé par le chaos qui a suivi. Merci d’avoir mis des mots sincères sur ce que beaucoup éprouvent encore.
Merci pour ton retour. Oui c’est horrible et horriblement traité. Plusieurs mômes de notre région très proche sont décédés….
Votre témoignage dit bien toute l’horreur que ce drame inspire . Au delà de ce que cela à provoqué ,le déballage médiatique est devenu abject . Comme souvent cela provoque une curiosité malsaine qui ne sert à personne .
Bon dimanche à vous .
C’est un peu comme freiner à la hauteur d’un accident sur la route…. C’est rarement pour porter secours. Il y a aussi des gestes de solidarité, exemplaires, mais ça ne fait pas vendre la presse torchon !
Les réactions des autorités et médias italiens sont d’une indécence nauséabonde.
A ce jour l’effondrement en 2018 du pont Morandi à Gênes en Italie n’a donné lieu à aucune condamnation alors que les défauts structurels étaient connus mais que rien n’a été fait ! Peut-être que le nombre de victimes n’était pas suffisant.
Comme pour les génocides. A partir de combien d’assassinats, on le définit comme tel ?
Dans ce drame du Crans-Montana, il s’agit de responsabilité individuelle et collective.
« Selon les rapports disponibles, plus de la moitié des victimes du «Constellation» étaient mineures; parmi elles, au moins huit adolescents de moins de seize ans ». Cela aussi, pose question de la responsabilité parentale dans la chaine causale de culpabilités.
Evidemment, cet aspect là n’est pas justiciable, et de toute façon les parents se sont déjà condamnés à perpétuité. Là arrive la tragédie…
Bien d’accord avec vous, souvent les « donneurs de leçon » sont les moins bien placés pour le faire et l’humilité leur serait salutaire. Il me semble que l’Italie devrait balayer devant sa porte.
Quant au drame lui-même… comment accabler encore davantage les parents ? Comme vous le dites vous-même, ils paieront à vie, comme certains jeunes d’ailleurs.
Qui d’ailleurs, peut affirmer avec certitude qu’il ou elle n’aurait pas accepté la demande de sortie de son enfant, même trop jeune ? C’était nouvel-an, vous connaissiez ses copains, il irait avec son aîné, la station n’est pas très grande, tout le monde se connait, peut-être n’ont-ils même pas dit qu’ils iraient dans un bar….
Pour en avoir élevé 4 aujourd’hui adultes, pour être grand-mère d’ados de cet âge et d’autres plus jeunes… je me refuse de juger ces parents, ce que je déplore, c’est en effet que les règles ne soient pas respectées plus scrupuleusement, par tout le monde. Ces règles existent, pas besoin d’en inventer d’autres.
Loin de moi l’idée de juger les parents ! J’éprouve une immense compassion pour eux car je pense qu’ils ne pourront jamais se pardonner ce moment de permissivité active ou « volée ».
Encore et encore, ils se repasseront les scènes de l’avant, dans leurs têtes.
Cet enfer de vivre dans la culpabilité jusqu’à la fin de sa vie est terrible.
Ce que je voulais dire c’est qu’au delà de la recherche de coupables et de punitions, on devrait sortir de la boucle de la « normalité » sociétale pour s’interroger sur l’éducation. Devons nous, en tant que parents nous soumettre à « l’air du temps »?
« Certes, il est difficile d’être parent en 2026. Comment interdire l’alcool, le tabac ou les sorties en boîte à ses enfants lorsqu’ils s’entendent dire à l’école qu’ils peuvent changer de sexe «selon leur libre choix», comme des grands, et que les parents doivent se taire sous peine de confiscation ? »
C’est vrai que c’est terriblement compliqué d’être à contre courant dans une époque où chaque individu est infantilisé par un système qui veut le dépouiller de tout, le tout étant sa liberté d’être, c’est à dire sa responsabilité primordiale envers lui même et des âmes dont il est en charge…
Merci pour ces précisions. Quant à l’éducation, c’est un chapitre complexe et délicat.Beaucoup de confusion S…à mon sens.